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Saïgon - Angkor

MIRA

1963 |

Entre 1956 et 1965, l’entreprise américaine IBM (International Business Machines Corporation), fleuron multinational du matériel informatique, charge le spécialiste en électromécanique et électronique Robert Heydler de former des informaticiens au Vietnam et au Cambodge. L’enjeu de cette mission consiste à implanter le savoir-faire d’IBM au-delà du territoire états-unien et à mondialiser ses partenaires. Passionné de photographie et de cinéma, Robert Heydler n’oublie pas d’embarquer sa caméra 16 mm lors de ses expatriations temporaires à Saïgon, ancienne capitale de l’Indochine française créée par l’Empire colonial français pour englober plusieurs territoires conquis entre 1857 et 1907 au fil de son expansion en Extrême-Orient, et à Phnom Penh, “perle de l’Asie” pour les premiers colons.

Ce voyage a lieu dans des contextes politiques complexes et multidimensionnels, notamment au Vietnam, pays d’abord divisé en deux zones de regroupement militaire après les accords d’indépendance signés en 1954 à l’issue de la guerre d’Indochine ayant vu s’opposer le régime communiste autoproclamé d’Hô Chi Minh et les forces françaises. Cette répartition idéologique, conclue alors que les tensions nationales sont encore vives, fait imploser la guerre du Vietnam, surnommée la deuxième guerre d’Indochine, les Nord-Vietnamiens communistes, appuyés par le bloc de l’Est et la Chine, menant bataille contre les Sud-Vietnamiens, défendant un système républicain et militairement soutenus par les États-Unis.

En 1963, quand Robert Heydler commence à tourner son film, survient un coup d’État, précipité par les États-Unis, dans le Sud-Vietnam : son auteur, le général Duong Van Minh, capture et exécute le président Ngo Dinh Diem le lendemain de la prise. S’inscrivant dans un monde polarisé par la Guerre froide, la guerre du Vietnam prend une autre tournure avec l’ingérence plus explicite des États-Unis au sein-même du conflit pour répondre à l’instabilité du changement de régime et aux incidents du golfe du Tonkin (attaque illégale de torpilleurs nord-vietnamiens contre des destroyers américains en août 1964). Les images d’Heydler tournées au port de Ben Nghé à Saïgon retranscrivent ce moment fatidique où les États-Unis durcissent leur présence sur le territoire vietnamien.

C’est pendant cette période très instable que le cinéaste amateur s’installe à Saïgon, dans le quartier historique Ben Nghé, arrondissement où sont basés la plupart des entreprises et complexes de luxe impulsés par les colons. Malgré quelques éléments faisant référence à la guerre du Vietnam, le cadre politique demeure majoritairement hors-champ. L’attention du réalisateur se porte surtout sur les traditions et la culture locales comme les pratiques de calligraphie, de chiromancie ou les moyens de transport et d’hébergement insolites aux yeux des Européens. Il transmet notamment une certaine fascination à l’égard des bidonvilles à proximité des maisons coloniales sur les berges de l’arroyo chinois, cours d’eau où les transports de marchandises, principalement du riz, entre l’ensemble du delta du Mékong et Saïgon étaient encore monnaie courante dans les années 1960. À Cholon, le quartier chinois de Saïgon, plusieurs centaines de milliers de personnes vivent dans des “maisons-bateaux”, sampans et péniches, dans une grande promiscuité que met en évidence Robert Heydler. Suivant les préparatifs du Tet Nguyen Dan, fête du Nouvel An lunaire au Vietnam, Robert Heydler fréquente les marchés animés où sont exposés compositions florales et encens. Fidèles aux croyances populaires, les habitants brûlent de l’encens ou en font l’offrande au temple taoïste de Ba Thien Hau où se réunissent les fidèles.

Finissant son voyage au Cambodge, à Phnom Penh, deux ans avant la guerre civile, Robert Heydler et ses collègues parcourent le site archéologique d’Angkor, capturant la beauté ancestrale des temples asiatiques comme Angkor Vat, Banteay Srai ou Bayon. Il réalise également quelques portraits furtifs de moines bouddhistes, marchant devant le Palais royal de Phnom Penh ou fumant une cigarette sur le parvis d’un temple à Angkor.

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