Fiche pédagogique n° 7 Le fil conducteur à travers deux témoins
Cinémathèque des Pays de Savoie et de l'Ain
- 00:07:12
OBJECTIFS
À travers les témoignages de deux personnages du film, Constant Paisant et Germaine Peillex, tout au long du film, montrer comment se construit le film.
LES ÉTAPES POSSIBLES
1. Remémoration
En se servant du découpage séquentiel, rechercher combien de fois apparaissent ces deux personnages ?
Constant Paisant apparaît dans quatre interviews et Germaine Peillex dans six interviews, alors que certains témoins n’apparaissent qu’une ou deux fois.
2. Étude de séquences
2.1. Expression des ressentis
Visionner des extraits de séquences où apparaissent ces deux témoins (séquences n° 8, 10, 15, 27, 29). Décrire les personnages et exprimer les impressions que l’on peut ressentir.
Constant Paisant, FTP Maquis des Glières.
Germaine Peillex, FTP Haut-Chablais.
Constant Paisant
Chevelure blanche, abondante, en pull, il est filmé en plan rappro- ché, souvent de profil. Il est dans son intérieur devant son buffet en bois avec de la vaisselle.
On sent dans son regard, dans ses propos, une sincérité, une simplicité, une tendresse et une concentration par rapport aux questions posées par le réalisateur.
Germaine Peillex
Elle a des cheveux blancs, une tenue simple de tous les jours mais soignée, un chemisier fleuri, elle est filmée devant un buffet bas, dans son intérieur.
Elle a le regard vif, pétillant, elle est souriante, elle réagit sponta- nément aux questions puis elle réfléchit et ajoute des précisions. On la sent déterminée. Il y a parfois des silences qui nous parlent.
Situer l’action des deux résistants.
Constant Paisant a combattu face aux Allemands et Germaine Peillex était à l’arrière dans des missions de liaison.
2.2. Le contenu des témoignages
Relever les thèmes sur lesquels ils s’expriment et analyser leurs propos.
Constant Paisant parle de:
1/ L’engagement: il parle de “révolte contre l’injustice” au tout début du film.
2/ La solitude, la lassitude parfois (18 mn).
3/ Les aspirations politiques : “On espérait une autre République”, “on a remis en place les organisa- tions syndicales, l’essentiel de la vie publique”. (1h17 mn).
4/ La fidélité aux disparus : “Je pense à mes camarades de l’époque.” Silence. “Ils n’ont pas connu la Libération... une certaine victoire à laquelle ils ont participé.” (1h26 mn).
Germaine Peillex parle de:
1/ La peur : “Fallait se défendre, se sortir de là.” “On a 20 ans !” “J’étais pas peureuse.” (9 mn).
2/ L’idéal : “J’ai fait ce que je devais faire”, elle parle de ses idées actuelles: “Je soutiendrai la cause tant que j’aurai les yeux ouverts.” (21 mn 20).
3/ Les regrets? : “Je ne regrette pas”, “ça ne m’a pas laissé de rancune, c’est mieux”, “j’aime être bien avec tout le monde”. Des silences entre ses phrases. (23 mn).
4/ L’héroïsme: “On n’a pas été des héros.” (25 mn).
5/ Les traîtres: Elle commence ses phrases sans toujours les finir, on sent dans ses paroles en suspens et dans les silences qu’il y a un vécu douloureux. On est touché par son regard malicieux, humaniste. “Pour donner des noms il faut quand même être... moi je sais pas...” “y’a des gens de mon âge qui savent”. (46 mn).
6/ Les changements dans la vie : “Ça m’a ancré plus dans mes idées” ; on la sent toujours détermi- née. (1h22 mn).
À eux deux, ils interviennent donc sur dix des dix-sept thèmes que nous pouvons relever dans la construction du film.
3. Analyse comparée
Approfondir le ressenti que l’on éprouve à propos de ces deux témoins; chercher ce qui leur est commun.
Ils ont tous les deux une façon de parler et une apparence physique qui dégagent une forte person- nalité. Leur discours n’est pas stéréotypé.
Ils appartiennent tous les deux aux Francs-tireurs et partisans, la branche armée de l’organisation politique de la Résistance française créée par le Parti Communiste vers mai 1941.
Dans le film, le réalisateur ne les a jamais fait apparaître ensemble sur les mêmes thèmes et pourtant on sent à travers leurs propos un projet commun : se battre pour un idéal, pour des idées, “pour une autre République”.
On est touché par leur sincérité, par leurs silences, par leur propos sur la camaraderie, le don de soi. Annie Gay
À travers les témoignages de deux personnages du film, Constant Paisant et Germaine Peillex, tout au long du film, montrer comment se construit le film.
LES ÉTAPES POSSIBLES
1. Remémoration
En se servant du découpage séquentiel, rechercher combien de fois apparaissent ces deux personnages ?
Constant Paisant apparaît dans quatre interviews et Germaine Peillex dans six interviews, alors que certains témoins n’apparaissent qu’une ou deux fois.
2. Étude de séquences
2.1. Expression des ressentis
Visionner des extraits de séquences où apparaissent ces deux témoins (séquences n° 8, 10, 15, 27, 29). Décrire les personnages et exprimer les impressions que l’on peut ressentir.
Constant Paisant, FTP Maquis des Glières.
Germaine Peillex, FTP Haut-Chablais.
Constant Paisant
Chevelure blanche, abondante, en pull, il est filmé en plan rappro- ché, souvent de profil. Il est dans son intérieur devant son buffet en bois avec de la vaisselle.
On sent dans son regard, dans ses propos, une sincérité, une simplicité, une tendresse et une concentration par rapport aux questions posées par le réalisateur.
Germaine Peillex
Elle a des cheveux blancs, une tenue simple de tous les jours mais soignée, un chemisier fleuri, elle est filmée devant un buffet bas, dans son intérieur.
Elle a le regard vif, pétillant, elle est souriante, elle réagit sponta- nément aux questions puis elle réfléchit et ajoute des précisions. On la sent déterminée. Il y a parfois des silences qui nous parlent.
Situer l’action des deux résistants.
Constant Paisant a combattu face aux Allemands et Germaine Peillex était à l’arrière dans des missions de liaison.
2.2. Le contenu des témoignages
Relever les thèmes sur lesquels ils s’expriment et analyser leurs propos.
Constant Paisant parle de:
1/ L’engagement: il parle de “révolte contre l’injustice” au tout début du film.
2/ La solitude, la lassitude parfois (18 mn).
3/ Les aspirations politiques : “On espérait une autre République”, “on a remis en place les organisa- tions syndicales, l’essentiel de la vie publique”. (1h17 mn).
4/ La fidélité aux disparus : “Je pense à mes camarades de l’époque.” Silence. “Ils n’ont pas connu la Libération... une certaine victoire à laquelle ils ont participé.” (1h26 mn).
Germaine Peillex parle de:
1/ La peur : “Fallait se défendre, se sortir de là.” “On a 20 ans !” “J’étais pas peureuse.” (9 mn).
2/ L’idéal : “J’ai fait ce que je devais faire”, elle parle de ses idées actuelles: “Je soutiendrai la cause tant que j’aurai les yeux ouverts.” (21 mn 20).
3/ Les regrets? : “Je ne regrette pas”, “ça ne m’a pas laissé de rancune, c’est mieux”, “j’aime être bien avec tout le monde”. Des silences entre ses phrases. (23 mn).
4/ L’héroïsme: “On n’a pas été des héros.” (25 mn).
5/ Les traîtres: Elle commence ses phrases sans toujours les finir, on sent dans ses paroles en suspens et dans les silences qu’il y a un vécu douloureux. On est touché par son regard malicieux, humaniste. “Pour donner des noms il faut quand même être... moi je sais pas...” “y’a des gens de mon âge qui savent”. (46 mn).
6/ Les changements dans la vie : “Ça m’a ancré plus dans mes idées” ; on la sent toujours détermi- née. (1h22 mn).
À eux deux, ils interviennent donc sur dix des dix-sept thèmes que nous pouvons relever dans la construction du film.
3. Analyse comparée
Approfondir le ressenti que l’on éprouve à propos de ces deux témoins; chercher ce qui leur est commun.
Ils ont tous les deux une façon de parler et une apparence physique qui dégagent une forte person- nalité. Leur discours n’est pas stéréotypé.
Ils appartiennent tous les deux aux Francs-tireurs et partisans, la branche armée de l’organisation politique de la Résistance française créée par le Parti Communiste vers mai 1941.
Dans le film, le réalisateur ne les a jamais fait apparaître ensemble sur les mêmes thèmes et pourtant on sent à travers leurs propos un projet commun : se battre pour un idéal, pour des idées, “pour une autre République”.
On est touché par leur sincérité, par leurs silences, par leur propos sur la camaraderie, le don de soi. Annie Gay



