MANIFESTATION DES LYCÉENS CONTRE LE BUDGET (1987)
Ciné-Archives
Manifestation de la jeunesse lycéenne pour protester contre l'insuffisance du budget de l'enseignement supérieur.
La principale journée d'action a eu lieu de 26 novembre à Paris.
Extrait de l'article du Monde :
Plusieurs manifestations de protestation contre l'insuffisance du budget de l'enseignement ont eu lieu, jeudi 26 novembre, à Paris et dans plusieurs villes de province. Alors que le Comité national de liaison des universités annonçait une mobilisation étudiante, ce sont surtout des lycéens qui sont descendus dans la rue : cinq mille à Paris, deux mille à Lorient, où la majorité des lycéens étaient en grève, un millier à Charleville et Mulhouse, plusieurs centaines à Orléans, Bourges, Tours, Châteauroux, Lille, Douai, Lens et Béthune.
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https://www.lemonde.fr/archives/article/1987/11/28/les-manifestations-contre-le-budget-de-l-enseignement-ont-surtout-reuni-des-lyceens_4080998_1819218.html
Cinq mille jeunes ont essayé jeudi 26 novembre, de rejouer la révolte de l'automne 1986 dans les rues de Paris. Mais tous les éléments s'étaient ligués pour affadir la comparaison. Le ciel était d'étain et l'asphalte luisait sous un mauvais crachin ; les étudiants, peu visibles dans un cortège essentiellement composé de lycéens. Et surtout manquait une véritable accroche, un bon projet de loi pour focaliser une rébellion...
Faute de " projet Devaquet ", le Comité national de liaison des universités, animé par des militants proches de l'Union des étudiants communistes, de l'UNEF-SE et quelques indépendants, avait jeté en pâture le projet de loi de finances1988 pour l'éducation nationale et l'enseignement supérieur. Ce " budget de misère ", cible annuelle de syndicats comme la CGT, le SNES (FEN) et le SGEN-CFDT, représentés par des délégations symboliques, a aussi fait " tilt " auprès de nombreux lycéens exaspérés par leurs mauvaises conditions d'études. " Les profs sont incompétents, le matériel est pourri et il pleut dans la cantine. On nous enseigne la dactylo sur des machines vieilles de quinze ans, celles où on se coince les doigts entre les touches ", résumait une lycéenne de Tremblay-lès-Gonesse, section sanitaire et sociale. " Les plafonds s'effritent et nous sommes quatre par ordinateur ", répondait en écho une élève de terminale de Châtenay-Malabry qui réclamait à tue-tête " du fric pour les bahuts et les facs ".
La misère des facs, pourtant réelle dans bien des cas, a curieusement fait beaucoup moins recette que le délabrement des lycées. Les étudiants ne se sont guère mobilisés, en dépit de l'appel lancé par l'UNEF-SE, désorientés sans doute par la multiplicité des manifestations organisées en cet automne-anniversaire. Pourtant, remarquait une étudiante de Jussieu, " nous sommes quatre-vingts dans certains TD, et les derniers arrivés doivent écouter le cours debout, les bibliothèques universitaires sont lamentables, alors que l'Etat engloutit des milliards pour la guerre ".
Le parallèle entre le budget de l'école et celui des armées inspirait en effet les slogans les plus populaires : " On veut des profs, pas des canons ", " des sous, pas des sous-marins ", et jusqu'au refrain évoquant " le missile dans le cul qui m'empêche d'étudier " qui fit frémir d'horreur les passants du faubourg Saint-Germain.
La principale journée d'action a eu lieu de 26 novembre à Paris.
Extrait de l'article du Monde :
Plusieurs manifestations de protestation contre l'insuffisance du budget de l'enseignement ont eu lieu, jeudi 26 novembre, à Paris et dans plusieurs villes de province. Alors que le Comité national de liaison des universités annonçait une mobilisation étudiante, ce sont surtout des lycéens qui sont descendus dans la rue : cinq mille à Paris, deux mille à Lorient, où la majorité des lycéens étaient en grève, un millier à Charleville et Mulhouse, plusieurs centaines à Orléans, Bourges, Tours, Châteauroux, Lille, Douai, Lens et Béthune.
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Cinq mille jeunes ont essayé jeudi 26 novembre, de rejouer la révolte de l'automne 1986 dans les rues de Paris. Mais tous les éléments s'étaient ligués pour affadir la comparaison. Le ciel était d'étain et l'asphalte luisait sous un mauvais crachin ; les étudiants, peu visibles dans un cortège essentiellement composé de lycéens. Et surtout manquait une véritable accroche, un bon projet de loi pour focaliser une rébellion...
Faute de " projet Devaquet ", le Comité national de liaison des universités, animé par des militants proches de l'Union des étudiants communistes, de l'UNEF-SE et quelques indépendants, avait jeté en pâture le projet de loi de finances1988 pour l'éducation nationale et l'enseignement supérieur. Ce " budget de misère ", cible annuelle de syndicats comme la CGT, le SNES (FEN) et le SGEN-CFDT, représentés par des délégations symboliques, a aussi fait " tilt " auprès de nombreux lycéens exaspérés par leurs mauvaises conditions d'études. " Les profs sont incompétents, le matériel est pourri et il pleut dans la cantine. On nous enseigne la dactylo sur des machines vieilles de quinze ans, celles où on se coince les doigts entre les touches ", résumait une lycéenne de Tremblay-lès-Gonesse, section sanitaire et sociale. " Les plafonds s'effritent et nous sommes quatre par ordinateur ", répondait en écho une élève de terminale de Châtenay-Malabry qui réclamait à tue-tête " du fric pour les bahuts et les facs ".
La misère des facs, pourtant réelle dans bien des cas, a curieusement fait beaucoup moins recette que le délabrement des lycées. Les étudiants ne se sont guère mobilisés, en dépit de l'appel lancé par l'UNEF-SE, désorientés sans doute par la multiplicité des manifestations organisées en cet automne-anniversaire. Pourtant, remarquait une étudiante de Jussieu, " nous sommes quatre-vingts dans certains TD, et les derniers arrivés doivent écouter le cours debout, les bibliothèques universitaires sont lamentables, alors que l'Etat engloutit des milliards pour la guerre ".
Le parallèle entre le budget de l'école et celui des armées inspirait en effet les slogans les plus populaires : " On veut des profs, pas des canons ", " des sous, pas des sous-marins ", et jusqu'au refrain évoquant " le missile dans le cul qui m'empêche d'étudier " qui fit frémir d'horreur les passants du faubourg Saint-Germain.



